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Questions sur un coma
«Grave mais stable.» C'est par cette formule vague et désormais rituelle que les médecins israéliens décrivent l'état de santé d'Ariel Sharon depuis son hospitalisation, le 4 janvier dernier, à la suite d'une attaque cérébrale. En près de trois mois, celui qui est toujours Premier ministre en titre a subi sept opérations, dont trois au cerveau, mais aucune d'elles n'a permis de le sortir du coma où il est plongé. Pour l'instant, le directeur de l'hôpital Hadassah de Jérusalem se refuse à tirer un trait sur les chances de réveil de son patient: «La probabilité est mince, mais ce n'est pas à exclure», a récemment déclaré Shlomo Mor-Yosef, qui ignore par ailleurs quel serait l'état de Sharon si une telle surprise devait advenir.
Dans les milieux médicaux israéliens, les communiqués routiniers de Hadassah font lever quelques sourcils. Certains observateurs se demandent à voix basse si Ariel Sharon n'est pas déjà en état de mort clinique et si cette annonce n'est pas repoussée par la famille à l'après-élections pour des raisons de convenance politique. La prudence des médias suscite aussi des interrogations, compte tenu de leur tradition plutôt combative dans le domaine politique. Bien qu'elle alimente les spéculations en privé, la thèse du «grave mais stable» ne fait l'objet, à tort ou à raison, d'aucun examen public. «La presse s'est rangée du côté de Kadima et comme l'image de Sharon est le principal argument de vente de ce parti, elle évacue tout ce qui pourrait ternir l'icône», dit un journaliste. «Il a fallu attendre deux mois pour qu'Eretz Nehederet [ «Pays magnifique», équivalent local des Guignols de l'info] égratigne quelque peu la statue du Commandeur», déplore un autre. Tout juste sait-on, grâce à une indiscrétion de la chaîne de télévision 10, que Sharon devrait être déplacé après les élections dans l'unité de soins de longue durée de l'hôpital Tel Hashomer de Tel-Aviv. La direction de l'établissement a également fait savoir que des proches du Premier ministre sont venus le visiter à l'occasion de son 78e anniversaire, le 27 février dernier. Au lendemain de la victoire du Hamas, des blagues ont couru sur sa possible réaction au scrutin palestinien s'il venait à reprendre conscience. Depuis, d'autres mauvaises nouvelles sont tombées. Mi-février, son fils Omri, l'homme des missions sensibles, a été condamné à neuf mois de prison ferme pour financement illégal de campagne. L'exécution de la peine, dont il a fait appel, a été repoussée de six mois compte tenu de l'état de santé de son père. Début mars, le même Omri a été mis en cause dans un système de nominations destinées à acheter les voix de membres du comité central du Likoud en faveur de Sharon père. Le procureur général a ouvert une enquête. Détails
By Benjamin Barthe
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