InfoLiban
Phénicie d'hier, Liban d'aujourd'hui [I]
[01, 02, 03]
Historique
Source
  • http://www.alsapresse.com/...
  • http://www.liban-libre.org/hist.htm
  • LE CÈDRE DES SARCOPHAGES
    Depuis le IVe millénaire avant JC, les fossiles prouvent une présence humaine sur cette partie de la terre, silex et diverses poteries remarquablement recomposées l'attestent de façon éclatante. Byblos, bâtie autour d'un puits central, serait la plus ancienne au monde. Construite dès le IIIe millénaire avant JC, elle marque surtout pour la communauté scientifique, le passage de la société agraire à l'urbanisation. Sa situation géographique dans la plaine de la Beqaa lui assure le total contrôle des voies commerciales entre la Palestine, la Syrie et l'Egypte. Ses habitants, habiles marins et marchands, étaient aussi d'ingénieux artisans, comme le prouve cette tête de taureau en terre cuite (IIIe millénaire avant JC) aux yeux proéminents et aux narines presque frémissantes, ou encore ce vase en forme de bovidé, dont les orifices placés sur le dos et à la tête, laissent couler un quelconque liquide. Depuis cet âge reculé, les phéniciens exploitent ce qui fait toute leur richesse : les forêt de cèdres. Les égyptiens commandent d'importantes quantités de ce bois, réputé imputrescible, tant pour la réalisation des sarcophages que pour la construction d'édifices et de navires. Subtils commerçants, ils ne s'ingèrent pas dans les guerres incessantes opposant les grandes puissances et donnent naisance à une organisation étatique particulière : les cités-états. Comme le confirme Eric Delpont, commissaire de l'exposition,« l'Etat phénicien ne connut jamais de pouvoir central, mais un conglomérat de cités portuaires, sous le contrôle temporaire de la puissance régnante. »


    TOMBES ROYALES
    De Byblos à Tyr et Tell Arqua... les trésors découverts dans les tombes royales laissent entrevoir la félicité de ces « roitelets ». Le mobilier funéraire dévoile or, faïences et poteries d'influence égyptienne. A remarquer les épingles à cheveux à tête en bronze, l'hippopotame et la fête de femme en faïence bleue et le superbe miroir à manche en bois en forme de feuille de papyrus, de toute beauté. La mise à jour du site de Byblos en 1922 dévoile les nécropoles enrichies d'armes, de métal précieux et d'ivoire et de bijoux d'apparat. Pour les tombes féminines, même dans l'au-delà, le maquillage restait une nécessité, comme le confirme cette ravissante boîte à fards en forme de canard. La nouveauté réside dans la vitrine en verre où une vingtaine de figurines casquées, en bronze et or d'inspiration typique, illustrent la finesse du trait. Elles accompagnent les défunts comme les ouchebtis en Egypte. La longue marche de l'histoire peut continuer vers l'âge d'or des phéniciens.


    SARCOPHAGE ET ÉCRITURE
    Cette période, entamée sous le protectorat égyptien, marque un tournant pour l'humanité. La naissance de l'écriture linéaire rapproche les hommes par un langage commun. L'alphabet, composé de dix-neuf lettres, les consonnes, court sur le sarcophage d'Ahirom, pièce maîtresse de l'exposition. L'hymne du fils à son père se répartit sur neuf tonnes de pierre calcaire sculptée et soutenue à ses pieds de quatre fauves triomphants. Le déchiffrage a été rendu possible vers 1750 par J.-J. Barthélemy et les fructueuses recherches menées par Ernest Renan, sous l'impulsion de Napoléon III, donnent à l'oeuvre une nouvelle dimension archéologique. Les traces de cette écriture se retrouvent à Chypre, à Malte, en Espagne, en Anatolie mais également dans les écritures araméenne et hébraïque. Cités dans les récits d'Homère et dans la Bible du temps du roi Salomon, la Phénicie connaît, au cours de son existence, des capitales différentes: Sidon, Tyr, Carthage, Beyrouth et Tripoli, en Syrie. Mais l'histoire continue, Nabuchodonosor le babylonien, Cyrus le perse, Alexandre le grec, puis les troupes romaines se succédèrent sur cette terre prospère. La remarque pertinente de M. Delpont étonne à juste titre : « il se dégage de cette partie du monde une réelle sérénité loin de toute velléité puisque aucune trace de scène guerrière n'est relevée sur les sites ni sur les pièces. C'est la raison pour laquelle la terre libanaise est qualifiée de paradis terrestre. Les dernières décennies n'ont malheureusement pas étayé cette affirmation. » La période hellénique efface toute trace de l'influence égyptienne puis, les romains administrent le pays via Antioche. Dès 64 avant JC, la verrerie et la monnaie prennent dès lors un considérable essor. Les enjeux religieux pèsent lourd dans l'histoire libanaise, Byzance, la conquête musulmane, les croisades, Soliman, les mamelouks... toutes les croyances différentes s'entrechoquent. Sa remarquable faculté d'adaptation en fait un carrefour religieux et philosophique. Ainsi du berceau de l'écriture, il n'existe qu'un pas vers une forte tradition livresque.
    Détails
    -
    Commentaires