InfoLiban
Phénicie d'hier, Liban d'aujourd'hui [III]
[01, 02, 03]
Historique
Source
  • http://www.alsapresse.com/...
  • http://www.liban-libre.org/hist.htm
  • La guerre de 1975 : Les causes
    La guerre au Liban fut tout à la fois : “ guerres des autres ” sur son propre territoire, guerre (ou guerres) entre libanais pour des raisons confessionnelles, politiques, idéologiques,...

    Les causes de la guerre sont variées ; elles sont d’ordre sociologique, historique, confessionnel, politique, régional,...

    Cependant, la cause directe de la guerre est la présence des palestiniens armés au Liban, et leur constitution d’un Etat dans l’Etat : en effet, les camps des palestiniens furent, et le restent toujours, interdits aux autorités libanaises. Après une période d’affrontements réguliers entre les Palestiniens et l’armée libanaise, surtout entre avril et octobre 1969, les Accords du Caire de 1969 permirent aux palestiniens d’effectuer des opérations militaires à partir du Liban.

    Mais cette cause directe n’est pas la seule explication, et une question s’impose : pourquoi la guerre n’a pas éclaté dans d’autres pays arabes, où les Palestiniens étaient présents aussi ? Car le terrain libanais est un terrain plus “ fertile ” à une guerre : alors que les opérations militaires des palestiniens n’étaient pas tolérées dans les autres pays arabes (par exemple, en Jordanie les Palestiniens furent massacrés par l’armée, le “ septembre noir ”, en 1970), ces derniers bénéficièrent d’un large appui des forces islamo-progressistes au Liban, qui firent même de la cause palestinienne la leur, comme si le Liban était le seul responsable de la résistance contre Israël. Le combat politique palestinien-israelien se transforma, d’une façon erronée, en un combat islamo-juif.

    Face à ce paradoxe, l’armée libanaise était interdite de toute intervention pour calmer les Palestiniens et pour reprendre le contrôle total de son territoire. Le Liban ainsi miné dans sa structure interne déjà trop fragile, plia sous le poids des forces extérieures qui cherchaient un terrain pour “ leurs guerres ”.

    Mais seul le Liban en paya le prix.


    La guerre de 1975 : Déroulement de la guerre
    Le 13 avril 1975, un autobus palestinien passe devant une église dans une région chrétienne, défiant les phalangistes. Cette provocation sera suivie d’accrochages entre les Palestiniens et les phalangistes. Les forces musulmanes et la gauche se soulevèrent contre les chrétiens, et interdirent à l’armée d’intervenir pour calmer les Palestiniens qui ont dépassé les limites à l’intérieur d’un pays souverain.

    La guerre prend une dimension religieuse et confessionnelle avec le massacre de plusieurs villages chrétiens et musulmans.

    Les camps des palestiniens armés situés à l’intérieur des zones chrétiennes pressentaient un danger. Plusieurs affrontements eurent lieu entre les forces libanaises chrétiennes et ces camps, et ils se terminèrent par la chute des camps de Dbayeh (janvier 1976), Jisr el Bacha (juin 1976), Tall el Zaatar (août 1976).

    En juin 1976, l’armée syrienne rentra au Liban, et le Président syrien Assad dira le 20 juillet 1976, dans une allocution prononcée à l’université de Damas, que cette intervention venait d’une décision purement syrienne, et qu’il n’avait attendu la demande de personne pour intervenir. Plusieurs affrontements et combats eurent lieu entre les forces chrétiennes et l’armée syrienne et celle ci imposait souvent un blocus aux régions chrétiennes, comme à Achrafieh et à Zahlé.

    Le but de la Syrie étant de contrôler le Liban et d’y être le seul maître, elle ne s’attaqua pas uniquement aux chrétiens, mais aussi à toutes les parties qui auraient pu présenter une menace pour elle.

    En effet, un combat dura de 1980 à 1985, à Tripoli au nord du Liban, entre d’une part les musulmans intégristes en coalition avec certaines organisations palestiniennes, et d’autre part les partis sympathisants avec la Syrie.

    En avril 1981, l’aviation israélienne bombarde des positions syriennes au Bekaa, ce qui pousse les Syriens à placer des missiles antiaériens dans cette région. En juillet de cette même année, les Israéliens effectuent des raids aériens contre les Palestiniens au sud du Liban et à Beyrouth-Ouest.

    Le 6 juin 1982, Israël lance l’opération “Paix en Galilée” contre les positions des palestiniens au Liban. L’occupation israélienne atteint Beyrouth et une partie de la Montagne libanaise, après des combats avec les forces syriennes. En août, les Etats-Unis obtinrent un accord qui arrêta les hostilités israéliennes, évacua les forces palestiniennes et leur infrastructure hors du Liban et replia les forces syriennes jusqu’au Bekaa.

    Le 23 août 1982, Bechir Gemayel fut élu Président de la République. Il a réussi à rassembler autour de lui les différents mouvements libanais, même les musulmans, autour du rêve de voir enfin le Liban un pays indépendant. Mais le rêve qu’incarnait Bechir fut assassiné avec lui le 14 septembre. Son frère, Amine Gemayel, fut élu le 21 septembre Président de la République.

    Ce dernier engagea des négociations avec Israël pour essayer d’arriver à un accord de paix. Un accord, appelé “Accord du 17 mai”, fut approuvé par le Parlement libanais. Mais sous la pression des syriens et de ses alliés libanais, cet accord ne fut pas conclu.

    Avec le retrait israélien de la Montagne, Des combats ont eu lieu entre les forces libanaises (chrétiens) et les forces druzes, aidés par des palestiniens. Des villages furent détruits, et des milliers de leurs habitants massacrés ; les autres se déplacèrent vers Beyrouth.

    En 1984, l’armée libanaise dut quitter Beyrouth-Ouest après des affrontements avec le mouvement chiite Amal. La région de Chahhar Al-Gharbi et le littoral du Chouf tombèrent entre les mains des milices Druzes. Ces derniers envahirent en 1985 Iklim el Kharroub. Durant cette même année, les Forces Libanaises chrétiennes durent quitter, après des affrontements avec des musulmans et des palestiniens, les villages chrétiens de l’Est de Sayda, du littoral de Jezzine et de Zahrani.

    Fin 1985, et sous le patronat de la Syrie, un accord entre Elie Hobeika (chrétien), Walid Joumblatt (druze) et Nabih Berry (musulman chiite) fut conclu. Mais les partis chrétiens refusèrent l’accord et, début 1986, une partie des Forces Libanaises dirigée par Samir Geagea, et avec l’aide de l’armée libanaise, évinça Hobeika de la région chrétienne. Ce combat dans la région chrétienne se solda par des centaines de morts, et par une domination de Samir Geagea sur les Forces Libanaises.

    En 1987, après des affrontements entre la milice du Parti Progressiste de Walid Joumblatt et le mouvement chiite Amal de Nabih Berry, l’armée syrienne s’installe de nouveau à Beyrouth-Ouest. Ainsi la Syrie occupa le Bekaa, le Nord après avoir écrasé les intégristes musulmans et leurs alliés palestiniens à Tripoli, et Beyrouth-Ouest.

    Le 1er juin 1987, le Premier ministre libanais Rachid Karamé est assassiné.

    En 1988, des affrontements opposèrent les milices chiites du Hezbollah avec les milices chiites Amal à Beyrouth-Ouest et sa banlieue Sud.

    A la fin du mandat du Président Gemayel en septembre 1988, l’élection d’un nouveau président n’a pas eu lieu. Dans une telle situation, et selon la constitution, le président doit constituer un gouvernement intérimaire. Le Président Gemayel désigna le chef de l’armée, le Général Michel Aoun comme chef de ce gouvernement. Mais le dernier président du conseil des ministres du mandat de Gemayel, Selim Hoss, refusa la désignation du Général Aoun et se considéra toujours comme chef du gouvernement. Ainsi, le pays eut un gouvernement dans chacune des régions, la région chrétienne et la région musulmane. Le 14 mars 1989, le Général Aoun lance une “guerre de Libération” contre la Syrie qui effectue un blocus sur la région chrétienne.

    En octobre 1989, 62 parlementaires libanais se réunissent à Taef, en Arabie Saoudite, et rédigent le “Document d’Entente Nationale”, connu sous le nom “Accord de Taef”. Le Général Aoun, qui refuse cet accord, dissout le parlement. Mais ce dernier, qui réfute l’autorité de Aoun, approuve l’accord et élit René Mouawad président de la République le 5 novembre 1989. Mais le 22 novembre, le Président Mouawad est assassiné, et Elias Hraoui est leu nouveau Président.

    Le 30 janvier 1990, une guerre atroce éclata entre l’armée libanaise du Général Aoun et les “forces Libanaises” de Samir Geagea. Cette guerre affaiblit les Forces Libanaises et l'armée libanaise, et entraîna un large mouvement d’émigration chez les chrétiens.

    Ainsi, le 13 octobre 1990, une campagne militaire syrienne et libanaise, dans laquelle l’aviation syrienne a frappé le palais Présidentiel Libanais, obligea le Général Aoun qui se trouvait dans le Palais à se réfugier dans l’Ambassade de France. L’armée syrienne envahit toute la région chrétienne, occupa même le Palais Présidentiel et le ministère de la Défense, et effectua des massacres sur son passage dans les rangs de l'armée libanaise.

    Avec la chute de la dernière région libanaise entre les mains des syriens et de leurs alliés libanais, la guerre au Liban s’arrêta.

    Comme si son but était atteint !
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